"EN MUSIQUE, ON AIME A PEU PRES TOUT MAIS PAS N'IMPORTE QUOI."

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lundi 14 novembre 2011

Rétrospective : -Welldone Dumboyz-


« Sinon, je prépare un « dossier » sur Welldone Dumboyz, tu connais ? »
« Non, je ne connais pas, de nom un peu mais c’est tout ».
Voilà le genre de réactions courantes dans 90 % des rédacs, des zines consacrés à la chose bruitiste. Il y’a fort à parier que pour les 10 % restants, ce sera soit de la fanfaronnerie, soit de la vraie camaraderie.
Welldone Dumboyz, bon sang, j’ai même l’impression que ce nom traîne depuis l’époque où ça parlait encore musique dans Rock Sound, c’est vous dire.
J’ai beau chercher, ce n’est pas avec les infos sur leur site…heu…désinvolte… que l’on va trouver de quoi causer sur les gaillards. A l’occasion de la sortie de leur récent Filthty Gift, clin d’œil masqué au Filth Pig de Ministy (vous verrez plus loin) ; je me décide à passer en revue la discographie du groupe (en parlant de clin d’œil). Ne vous en faites pas, elle est disponible contre bons soins et quelques piécettes auprès du combo ou via leur http.


La pochette livrée avec le téléchargement mp3

WHITE CUNT HIPPIE (2008)

Sous une pochette « à poil » cliché, se cache Fuzz, psyché glauque et batterie sabbathesque. J’ai une marotte, je commence chaque fois les skeuds par le dernier titre. « Thight Cunt blues » est un titre complètement introverti, la musique jouée, assez fort, s’adresse uniquement aux musiciens qui ne la délivrent même pas, sauf dans le râle de fin. Ça fleure bon le riff de réchauffement dans la cave. On retient bien l’envolée furibarde sur « White Cunt », le grand titre de cet EP où ils se permettent le mariage aviné entre Classic –Rock et Punk HxC du meilleur choix. Le Rock Cambouis est roi sur les 20 minutes, même sur l’étrange « La mue du mulet », sans doute un hommage à un quelconque footballiste des années 80.

Tracklist : His Thing – White Cunt – La mue du mulet – Thight Cunt Blues



WELLDONE DUMBOYZ (2010)

Ils nous l’avaient fait dans l’aimable, voilà qu’ils nous le jouent dans le concerné. Je ne connais aucun musicien en herbe (en pleine fumette) ou pas, qui restera insensible à cette tornade sonore. Alors comme ça vous aimez la noise, le punk, mais aussi le son sale et lourd autant que les bricoles un peu expérimentales. Le gras qui accompagne Les volutes psychédéliques vous inspire et aucun workout n’a autant de valeurs à vos vieux os qu’un bon pogo. Ce disque est irrémédiablement fait pour vous. Vache de disque, oui !
On commence par la pochette, pure réminiscence de Baru qui s’évertuerait à recréer la couv’ de Revolver des Beatles avec les personnages d’Urotsukidoji pour modèles. Elle est signée Patrick Jannin. Il dira que personne n’a été maltraité et on aura du mal à le croire.

Putain que c’est bon de s’extirper des torpeurs cotonneuses du Post-Rock, et de décrocher du Dafalgan suite à un trop plein de Math-Rock. Enfin un peu de concret où l’on peut même vivre des émotions fortes. Conseil consommateur : il faut écouter ce disque dans son intégralité.
Ce premier effort éponyme est bâti sur des morceaux de références. Un petit décalque des Sex Pistols sur les premières minutes de « We kill your local Heroes » avant que ce titre s’envole loin, très loin dans les clés du sax. Titre majeur, vraiment. À « The Hole », le blues est réduit à sa plus lugubre expression, le titre est malsain, il sent les viscères.
On me dit dans l’oreillette que cette plaque comprend sinon les tubes au moins les aspirations trio belfortain. Genre, on vous met un peu de tout ce qu’on aime bien, vu que c’est pour nous ! Il suffit d’écouter « Bloody Green » pour se faire une idée de leur petite combine. Ça joue collectif et lyrique et surtout ça introduit benoîtement le massif et direct « I’m the Cachalot » - ça doit bien passer en concert-.
« Colossus blue Goliath » est un titre intense dans les moments apaisés ; pas étonnant qu’ils aient partagés l’affiche récemment avec les toulousains de Otto ; et dense lorsque les distos éclatent. A ce stade, ils terminent à l’aise, façon feu de camp pour une ballade rigolote. Et c’est mieux qu’un camp de vacances, on ne doit pas attendre pour y retourner.

Probablement, leur meilleure sortie à ce jour.

Tracklist : We kill your local heroes – Peepwall - John Kaltenbrunner- The Hole – Bloody green – I’m the cachalot – Colossus Blue Goliath – Thank you


Filthy Gift (2011)

Le 18 octobre 2011, Welldone Dumboyz sort ce nouvel ep Filthy Gift. Au programme, les mêmes ingrédients poisseux et bruitistes. Ministry s’était épris d’une reprise de Bob Dylan sur leur Filth Pig, WD nous gratifie d’une relecture du "Voodoo child" toute personnelle, eux aussi sur le mode maousse. Sur cet ep, on note à nouveau un gros travail sur les voix et les chœurs décidemment un élément jamais négligée dans leurs compositions. Le reste… ça bluese un peu plus que d’accoutumée et « Burn those sick children » renvoie la balle au « Kill your local heroes » dans le genre imparable.

Tracklist : The Gift – Burn those sick children – That guitar rapes death – Voodoo Golem





Extrait live à l’Impetus Festival (2010) « Bloody Green » suivi de « We kill your local heroes »

Ces gaillards ont fait leurs armes et fournis leurs esgourdes en pleine période 90’s puisant çà et là des éléments dominants. La jeunesse sonique, le post-Hxc, tout ça quoi… en référence pour la méthode on jette un œil dans le rétro vers Condense, cArn ou encore Portobello Bones, c’est le même esprit qui sied au trio. Une espèce de décalque DIY tout personnel, reconnaissable, en regard des grands frères ricains. Dans le cas présent, ce sont les Melvins qui nous occupent. Gep, le guitariste-chanteur, publie d’ailleurs régulièrement une vraie-fausse discographie liée au groupe de Seattle dans les chroniques de Core & Co.

Welldone Dumboyz a également sorti deux live sous formes de K7. Les Magnetic Hippie.