Une bonne fin d'année et sur ce ..........
©T.

Dernière chronique pour cette première décennie 2000. Tiens l’heure de faire un bilan selon l’adage, qu’allons-nous retenir ? A titre personnel, pour chacun d’entre nous sans doute, une avancée non négligeable dans une vie qui aura été fortement rythmée par l’impact virtuel. Internet a, en effet, profondément modifié les habitudes pour communiquer, écouter, échanger et même vendre. Les CD, si chéris dans les 90’s, se prennent mandales sur mandales et se font joyeusement itunés sans l’élémentaire consentement préalable. Les groupes se sont myspa-isés en masse avant de faire marche arrière. Depuis ces dernières semaines, ils choisissent leur Badcamp ! Et que dire de Facebook qui démocratise et intensifie les échanges. D’après des chercheurs, au-delà de 150 personnes, il y’a un pourcentage exponentiel de personnes que l’on ne connaît pas dans la « vraie » vie. C’est clair que l’on peut toujours siroter son café et tirer sur son clope devant son ordi. Ça facilite la conversation, besoin de contenance.
22h43, je suis dans la posture précitée et je me penche sur l’ouvrage noble de la rédaction subjective d’une chronique d’album. Ah j’aurais pu choisir un disque plus conventionnel. Je décide de revenir sur le deuxième hors-série du webzine A Découvrir Absolument. Oui, il faut retenir ADA en 2010 pour son implication et la prise de risques qu’il propose aux musiciens de tous horizons.
C’est donc PJ Harvey et son premier album de 1992 Dry qui vont passer par le prisme ADA. Oui, cela devient doucement une marque de fabrique. Pour le fond, la forme et les participants qui intègrent la dynamique. Pour les novices, Dry s’il n’est pas le meilleur album de la diva du Somerset, est l’album le plus rêche, le plus anguleux de sa discographie. La faute à un sous mixage manifeste qui gomme toute chaleur, la faute à ce cri lancinant qui court tout au long du disque. Souffrance mêlée de peur et d’irritation. Au milieu de ce tourment, Pj, sa voix assurée, sa guitare en dérapage continu et déjà cette présence unique. On ne fait pas les choses à moitié chez ADA et quitte à choisir un album pour des reprises autant prendre une autre œuvre intouchable.
« Oh my Lover » se blottit dans les bras experts de Jean-Sébastien Nouveau et de ses Marquises. Douceur et regard respectueux tout en se couvrant d’une expérimentation réfléchie de sons malins. Pendant que « Oh Stella » se fait charmé par un beau gosse à la voix chaude, un cabaret prend place pour délivrer « Victory » portée par une voix habitée, un peu maniérée. Journal Intime qui accompagne Lou sur ce morceau assemble pièces par pièces le corps de la chanson pour un hommage étonnant et chaleureux. Querencia fait souffler un vent Suicide sur « Happy and Bleeding » à moins que Trent Reznor traîne dans les parages ? On retient la belle adaptation de Karl-Alex Steffen et Li pour « Sheela Na-Gig », simplicité dans le propos et une belle contenance nue. Laudanum (il est temps que je me penche sur son cas !) nous gratifie d’une relecture electro de « Joe » avec le mordant nécessaire. On aime la version de Chalk Face de « Plant & Rags » pour son clin d’œil à la jeunesse sonique et son revers un peu bancal.
Comme pour le premier effort consacré à Diabologum, on pourrait s’attarder sur toutes ces versions personnelles et aussi en arriver à ôter le plaisir de la découverte. On y croise des bois, des cordes, de la distorsion, de l’électro et des voix toutes dirigées d’une manière ou d’une autre (avec plus ou moins de réussites) vers le chant primal de la Dame. Oui, inutile de le préciser, c’est A Découvrir Absolument.
Par respect pour le producteur de cette compilation, il n’y a pas de liens mp3 sur cette page. Retrouvez la compilation en intégralité et les interviews des participants ici.
Tracklist :
LES MARQUISES - OH MY LOVER
DAVE C. BOXERS - O STELLA
DAVID FAKENAHM & MARIE CHEVALOT - DRESS
LOU - VICTORY
QUERENCIA - HAPPY AND BLEEDING
KARL-ALEX STEFFEN & LI - SHEENA NA-GIG
CALVIL - HAIR
LAUDANUM - JOE
CHALK FACE - PLANTS AND RAGS
ELEANOR L. VAULT - FOUNTAIN
KIESSE - WATER
BONUS
WATINE - OH MY LOVER
LADY INTO FOX - FOUNTAIN
LA SOIF - DRESS (SUIT VERSION)


















































