Dites ! Depuis qu’on a resserré les rangs dans les couloirs bruyants de la France qui hurle en silence. Le son n’a jamais eu autant de saveurs. C’est qu’à la sortie du bureau, le besoin d’espace, d’évasion est bien là… comme il faut bien respirer à plein poumons, avanti. Moteurs ! Et d’ailleurs voilà que les super-groupes embrayent et passent la quatrième avant de dévaler les sillons déjà entamés de fort belle manière. Accrochez vos ceintures, si vous êtes des lecteurs attentifs de notre belle maison résonnante.
C’est donc de la France d’en bas que se hisse les protagonistes de ce nouveau groupe assez super, jugez plutôt… 1 Green Vaughan (Electro retenue mais foutraque), 1 Two Left Ears (bidouillages fumeux) à ma gauche, 1 Ed wood Jr (shake shake music) et 1 Tang (Doom intense) à ma droite. Soit pas des inconnus. Non… des gens qui prennent le temps, qui cogitent, qui respirent. Pour le coup, mon introduction motorisée ne tiens pas la route !
Prenons cet ep, par exemple, ça fleure bon la nature, le printemps, non ? On pourrait courir presque nus dans les bois. Rhaa, j’ai presque le Flower P qui pousse en moi… jusqu’à ce que je m’arrête sur ce lapin persan. Ça m’intrigue, qu’est-ce donc qu’un lapin persan, un lapin bélier qui a crapahuté avec un chat persan ? Le résultat d’un coït aussi fugace qu’intense ? Une expérience de laboratoire ? Un sentiment mêlé émerge dès l’écoute de ces quatre titres introductifs.

Une totale décomplexion se mêle à une parfaite maîtrise de « Inside Hole » à « Setareh ». Voilà pour l’aspect technique. Cette plongée dans les effluves vaporeuses de la fin des années soixante se marie à une brillante modernité post-ce-que-vous-voulez. Histoire de vous faire une idée avant d’écouter le player. Mon coup de cœur repose aussi sur cette sobriété, très pure qui traîne langoureusement sur la durée. Point de vue purement subjectif. Enfin un disque (virtuel pour le moment) qui te donne envie de tomber amoureux. Simplement.
Des années soixante, on s’attarde davantage sur la fin… qui grosso modo va s’éterniser jusqu’en 1972. Ah bon sang, on a envie d’entendre le groupe reprendre « Venus in Furs » du Velvet Underground ou "Ladytron" de Roxy Music. C’est dans ces musiques lumineuses que puisent les lapins génétiquement modifiés. Quel sel, mes aïeux !
Persian Rabbit marque un grand coup avec cette première sortie, et le mutant nous rend diablement impatient !
Tracklist : Inside Hole – Love with breeze – Valour - Setareh